La resistenza Cattolica
Le Courrier de Tychique
Correspondance à adresser à
M. Jean Marc Chabanon
168, Route du Grobon – 01400 – Châtillon-sur-Chalaronne
N°279
« Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de voir les choses, telles qu’on voudrait qu’elles
soient, et non pas telles qu’elles sont en réalité. »
Bossuet « Traité de l’amour de Dieu et de soi-même »
Dimanche 8 mars 2009
2ième Dimanche de Carême.
« Allons, un peu de bon sens ! »
Sous ce titre, le Père Philippe, « prêtre de l’Eglise enseignée » de la Fraternité de la Transfiguration (79600 – Assais) nous incite à « faire confiance à l’autorité ; elle a grâce d’état ». (in « Lectures Françaises » p.24 - DPF – BP 1 – 86190 – Chiré en Montreuil).
Fort bien ! Mais nous avons tous des « grâces d’état »… selon l’état dans lequel nous nous trouvons ! Les quatre prélats qui ont trafiqué scandaleusement le troisième secret de Fatima (Joseph Ratzinger, Dario Castrillo Hoyos, Angelo Sodano et Tarcisio Bertone) avaient aussi des « grâces d’état ». Fallait-il leur faire confiance ?... Faut-il prendre pour argent comptant celui qu’ils ont publié et que tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est un faux ? Tous les évêques entrés au Concile en 1962 avaient leurs « grâces d’état » ! Tous ! On sait ce que la grande majorité d’entre eux en ont fait ! Les parents qui maltraitent leurs enfants, qui leur procurent une éducation lamentable ou qui les abandonnent ont eux aussi leurs « grâces d’état ». La maman qui vient de poignarder sa fille de10 ans, dans le Nord de la France, avait les grâces nécessaires à son état ! Dieu dispense ses grâces à tous !... Le Père Philippe devrait y réfléchir ! Il ne suffit pas d’avoir des « grâces d’état » : il faut y répondre !
Mais, nous l’avons compris, le Père Philippe utilise cet argument pour nous faire avaler une pilule qui a du mal à passer. Alors, il nous sert un brouet indigeste, dans lequel on retrouve tous les ingrédients qu’on trouvait déjà dans celui qui nous était servi quarante ans plus tôt ! Quel âge avait-il à cette époque ? En tout cas, nous sommes un certain nombre à l’avoir refusé. Comme nous sommes encore un certain nombre à refuser, aujourd’hui, de rejoindre le pandémonium romain ! Ce n’est pas, pourtant, qu’il s’y prenne malhabilement ! Il faut, nous dit-il, « s’en tenir aux communiqués officiels : Celui de la Congrégation pour les évêques, en date du 21 janvier 2009, et le communiqué du Supérieur général de la Fraternité St Pie X, Mgr Bernard Fellay, daté du 24 janvier 2009. » C’est un peu court ! Même s’il rejette d’un trait de plume « toutes les paroles, les opinions, les points de vue qui n’ont pas de valeur officielle » ! … C’est du 1965 (clôture du Concile) réchauffé, mais ça ne prend plus ! Car, avant ces deux communiqués « officiels » il y eut des déclarations publiques, des conférences enregistrées, des chroniques publiées, et notamment dans « Fideliter ». Pas seulement depuis janvier 2009, mais depuis le Concile ! Elles sont très éloignées des urbanités inattendues, à l’égard de Benoît XVI, qui émaillent la lettre que nos quatre évêques lui ont adressée le 29 janvier dernier. Il y a, en tout premier lieu, la condamnation maintes fois réitérée par Mgr Lefebvre ! « La Chaire de Pierre et les postes d’autorité de Rome étant occupés par des antichrists… » Seulement voilà ! Mgr Lefebvre : ça date !
Nous n’en sommes plus là, aujourd’hui… Il n’y a plus d’antichrists à Rome ! La visite et la prière dans la Mosquée bleue
d’Istanbul le 30 novembre dernier ?... Ce n’était qu’ « un geste de monarque qui craint d’avoir été trop loin et qui compense son discours fort de Ratisbonne par une faveur accordée aux musulmans », lisons-nous dans « Le Choc du Mois » (février 2009). Ouf ! …Nous sommes rassurés !
Pourtant si une très lourde hypothèque était levée, nous assisterions très certainement au déblocage d’une situation
inextricable, mobilisant des énergies qui seraient bien mieux employées ailleurs. Et cette hypothèque Benoît XVI peut la lever immédiatement ! Qu’il révèle l’authentique troisième secret de Fatima qui aurait dû l’être en 1960 ! Lui seul peut le faire. Lui seul a le devoir le faire ! C’est faire affront à la Très Sainte Vierge Marie que de le maintenir sous le boisseau. Et Benoît XVI en est coupable, comme l’ont été ses prédécesseurs, qu’on le veuille ou non.
Les discussions doctrinales devraient débuter très prochainement nous dit-on… La Fraternité y sera en position de faiblesse… N’y aurait-il pas là, le moyen de renverser le cours des choses, et de reconquérir ainsi la maîtrise de la situation ? Benoît XVI veut aller vite ? D’accord ! Que d’abord, avant tout, il publie cet authentique troisième secret de Fatima. Ensuite, mais ensuite seulement, les discussions pourraient débuter ! On y verrait beaucoup plus clair ! Ça peut se faire en vingt-quatre heures ! Chiche !...
Des nouvelles de la Guadeloupe !
La Guadeloupe vient de subir un climat insurrectionnel très grave : incendies de commerces, de voitures, destructions diverses, violentes échauffourées… On comprend que la population ait été terrorisée par ces événements ! Et cependant, au coeur de cette situation dramatique, il s’est trouvé un groupe de catholiques pour réagir, non pas contre ce drame qui aurait pu dégénérer, mais… contre les craintes que leur inspire la crise vécue par la FSSP X ! Chapeau bas !... Ils m’ont fait parvenir la copie de la lettre qu’ils ont adressée « aux abbés qui desservent la Fraternité St Pie X aux Antilles-Guyane ». Vous la trouverez en annexe (les passages mis en gras ou soulignés le sont dans le texte reçu).
Une admonestation du R.P. Innocent Marie.-
Le R.P. Innocent Marie m’a adressé le 17 février dernier, le message suivant : « Cher Monsieur. Permettez-moi de vous l’écrire franchement : vous faites du mauvais travail en diffusant l’abbé Meramo. Je suis sûr que du haut du Ciel, Mgr Lefebvre se détourne de vous ! » Voilà qui devrait faire froid dans le dos ! Mgr Lefebvre, qui m’a pratiquement formé au combat, aussi bien au cours de nos longs déplacements, que de ses séjours sous notre toit, à l’occasion des haltes que nous faisions dans tel ou tel hôtel lors de nos voyages, qui m’a enseigné la fermeté et qui m’a félicité lorsque j’en ai fait preuve… aurait changé d’avis depuis qu’il est au Ciel ? Voilà qui surprend … quand on l’a bien connu. Mais le Père Innocent Marie est plein de compassion pour ma misérable personne. Il ajoute : « Je vous confie à l’Immaculée et vous invite à avoir les deux mains à votre chapelet et aucune sur Internet. » Je crois pourtant savoir que les Dominicains d’Avrillé sont connectés à Internet. J’ai donc demandé, tout simplement, au Père de me faire part de ses griefs contre M. l’abbé Meramo. Cela me semblait judicieux. Je l’ai aussi remercié de m’avoir confié à l’Immaculée et lui ai précisé, au sujet de sa recommandation d’ « avoir mes deux mains au chapelet », qu’en plus de quelques exercices de piété journaliers, je récitais un rosaire tous les jours, parfois deux, comme mon épouse.
J’attends sa réponse que, bien entendu, je rendrai publique.
Le concile et son esprit.-
« La Porte Latine » vient de publier sur son site (6 mars) un long éditorial de M. l’abbé Giovanni Scalese sous le titre : « De quoi parle-t’on : du Concile ou de son Esprit ? » Nous y re-voilà !...
L’histoire est un éternel recommencement, dit-on … Nous en avons aujourd’hui la preuve… En lisant cet éditorial je me suis cru revenu à l’un des Congrès de l’Office auquel j’assistais, à Lausanne en avril 1968, au cours duquel, Marcel Clément avait fait un brillant exposé sur le même sujet… il y a donc 41 ans ! Je crois encore l’entendre ! Voici deux extraits tirés de son intervention : « Tenter de définir le Concile Vatican II c’est effectivement tenter quelque chose qui est vraiment difficile. J’en ai pleine conscience. Il faut être, en plénitude, fidèle aux textes du Concile. Il faut les dissocier, ou plutôt les disséquer avec finesse de tout ce qui enveloppe le Concile. Comme l’a dit si justement le Cardinal Renard, il faut distinguer ce qu’a dit le Concile, de ce qui s’est dit au Concile et d’ailleurs aussi de ce que l’on dit du Concile ! (…) Ce Concile me fait penser à l’astre des nuits quand la nuit n’est pas belle. Elle est enveloppée d’un halo, tellement brouillé qu’on n’en distingue même plus les contours. A ce moment-là, non seulement c’est moins poétique, mais on finit par ne penser qu’à une chose, c’est que le lendemain il pleuvra …En voyant le halo para-conciliaire qui entoure l’astre conciliaire, on a peur qu’il pleuve. » (« Le sens chrétien de l’histoire » - Actes du Congrès IV –pp.147 et 162) Et, effectivement, depuis… il pleut ! A peu de choses près c’est ce qu’écrit, aujourd’hui l’abbé Scalese…41 ans plus tard ! Car, Marcel Clément, comme l’abbé Scarlese n’ont pas compris une chose,
semble-t’il : c’est que le Concile a été préparé, manigancé et voulu pour ça ! L’aile moderniste a monopolisé la rédaction de tous les schémas, après rejet de ceux qui avaient été préparés minutieusement pendant près de trois ans par des commissions parfaitement fidèles à la doctrine catholique, parmi lesquelles siégeait un certain Mgr Lefebvre : (cf. « J’accuse le Concile »). Et donc, ce Concile a voulu être un concile ouvert à toutes les interprétations, afin de permettre toutes les hérésies. Il est donc irréformable. Aussi, quand on lit la conclusion de l’abbé Scarlese : « Nous devons admettre que, si l’on veut trouver un point d’équilibre entre les différentes « âmes » de l’Eglise on ne le trouvera probablement que dans la lettre du Concile lui-même, fruit des efforts des pères conciliaires (sic), de la sage médiation de Paul VI (re-sic) et, surtout de l’assistance de l’Esprit-Saint (re-re-sic) », quand on lit cette conclusion, on n’a plus qu’une envie, c’est de courir s’acheter un stock de parapluies, car il n’a pas fini de pleuvoir ! Marcel Clément l’avait dit avant lui… avec le succès que l’on sait ! Nous reviendrons sur cette chronique